Changement climatique : Nous sommes tous concernés

Si les hommes ont créé des frontières pour se protéger les uns des autres, la nature elle en a cure. Les actions des uns sur elle produisent des effets considérables pour les autres. Cela est d’autant plus vrai que les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont les moins polluants, à en croire le rapport de Maplecroft, un cabinet britannique d’analyses de risques.

En effet l‘indice de vulnérabilité au changement climatique de 2014, développé par Maplecroft, place 6 pays africains parmi les 10 pays les plus vulnérables. Le Sénégal occupe le 14e rang de ces pays où les tempêtes, inondations, sécheresses, et la hausse du niveau de la mer se feront le plus sentir.

La hausse du niveau de la mer est déjà une réalité dans des villes côtières sénégalaises. Cette tendance est exacerbée pendant la saison des pluies. Il y a encore quelques années, à Rufisque (25 km de Dakar) la destruction par les eaux marines du cimetière ainsi que d’autres habitations ont laissé les populations dans le désarroi .

La montée des eaux a aussi une conséquence sur la pêche et le tourisme. Ce sont pourtant des secteurs qui constituent les principales activités génératrices de revenus des villes situées sur le long du  littoral. Au-delà de l’impact économique lié aux changements climatiques, le risque sur la santé n’est pas non plus négligeable. Un réchauffement de la terre constituera indubitablement un terreau fertile pour la prolifération des moustiques avec comme conséquence le paludisme, surtout chez les populations qui vivent dans des pays tropicaux.

Pour ceux qui se posent encore la question de l’utilité de la participation des pays moins polluants au sommet de la COP21, on pourrait répondre que nous sommes tous concernés de fait. Comme l’a révélé Madeleine Diouf Sarr, chef de la division des changements climatiques à la direction des établissements classés, dans 15 ans, la température actuelle du Sénégal connaîtra une hausse de 3 degrés en raison des changements climatiques.

La déforestation accentue l’avancée du desert

Mais les causes exogènes de ce phénomène étant connues (surproduction des pays industrialisé libérant du dioxyde de carbone dans l’atmosphère), l’on ne saurait occulter les facteurs internes qui facilitent le changement climatique.

Destruction de Baobab à Thiès. Photo : Ute Bocandé

Destruction de Baobab à Thiès. Photo : Ute Bocandé

La sauvage deforestation que subit l’environnement est une réalité sinistre à laquelle les Sénégalais font face. Dans un article publié il y a 2 ans, Ute Bocandé, une Allemande qui réside à Thiès ( 70 km a l’est de Dakar), s’émouvait de désespoir devant l’extermination de Baobabs (arbre répandu au Sénégal) dans sa ville.  »Détruite. Les baobabs, séculaires témoins de l’expansion de cette ville de Thiès, couchés par terre, assassinés par les bulldozers. Autrefois, avant de tuer un baobab, on appelait un prêtre traditionnel pour accomplir certains rituels, car les baobabs sont supposés être domicile d’esprit et autres djinns. Ces croyances qui protégeaient aussi la nature… Un coup de bulldozer, hop, fini le baobab « , écrivait-elle. Cette pratique en accélérant l’erosion laisse aussi le champ libre à l’avancée du desert.

Une nouvelle approche du développement s’impose

À Dakar, la capitale, les espaces verts se font de plus en plus rares. L’appétit foncier des promoteurs immobiliers pousse à construire des habitations qui ne sont pas respectueuses de l’environnement.

Maintenant que tout cela est dit, comment prendre la direction d’une transition énergétique durable ? Les risques encourus, si nous continuons sur la lancée d’émissions de dioxyde de carbone, sont connus mais les déterminants et conditions pour emprunter le virage vert s’avèrent plus problématiques.

Il est vrai de noter que le Sénégal dispose d’un potentiel déjà rassurant. Le soleil est présent pendant la majeure partie de l’année, étant ainsi propice à l’énergie solaire. Le potentiel éolien est réel en raison d’une constance et d’une régularité des vents. Nonobstant la volonté politique nécessaire à cette transition énergétique, la question des financements demeure cruciale. Car   l’agriculture biologique aussi bien l’énergie solaire ou éolienne  nécessitent des investissements dans des infrastructures adéquates.  Et cet argent  il faudra bien le trouver.

Le Sénégal n’a donc pas encore achevé son développement qu’on lui laisse entrevoir une nouvelle manière d’y arriver. Ainsi, la conférence de Paris qui s’ouvre ce lundi 30 novembre, au-delà de son objectif principal (arriver à un accord des pays pour limiter le réchauffement mondial en deçà de 2°C ), se pose la question d’une éthique du développement.

Amon Remy Mallet

Journaliste-Blogueur

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Internet, le nouveau gagne-pain des entrepreneurs au Sénégal

Des blogueurs sénégalais lors d'une rencontre denommée Ndadjetweetup

Des blogeurs sénégalais lors d’une rencontre denommée Ndadjetweetup

Au Sénégal, les métiers liés à Internet constituent 3,3% du PIB, selon une étude rendue publique en 2013 par McKinsey Global Institute. La contribution d’internet dans l’économie du pays est la plus importante en Afrique. Le web a par ailleurs plus d’impact dans l’économie du Sénégal en comparaison avec la  France (3,1%) ou encore l’Allemagne (3,2%).

Gros plan sur les acteurs d’un secteur en ébullition.

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COUPLES AFRO-OCCIDENTAUX: L’impossible amour ?

Doutes, Soupçons, Phobies, on voit le diable partout quand il s’agit d’unions entre africains et occidentaux. Et les médias ne font qu’accentuer les stéréotypes existants.

couple

Dans une émission diffusée sur une chaîne privée sénégalaise , une italienne a interviewé une de ses compatriotes qui a déversé sa bile sur son prince charmant sénégalais. Photographe de profession, la dame explique que son mari  sénégalais se serait volatilisé dans la nature quelques temps après son arrivée en Italie  »l’eldorado ».

‘’Arnaque sentimentale’’ : c’est le titre de l’élément vidéo en question dans lequel est relatée cette histoire. Rien que le titre  renseigne du parti pris de la sociologue italienne qui a réalisé l’élément. En effet, parler d’arnaque c’est déjà faire un jugement de valeur sur une histoire (à l’image de la majorité des difficultés au sein des couples), dont on ne maîtrise en réalité pas les tenants et les aboutissants.

Mais, là où il y a problème, c’est l’unilatéralisme que revêtent ces productions qui parlent des maux à l’intérieur des couples noirs-blancs. Dans la plupart des reportages sur le sujet, la parole est donnée à des femmes où des hommes blancs qui se plaignent des ruptures avec leurs amants africains.

Et très souvent, ils font mention de relations d’intérêt, en termes de papiers et de facilités de visa pour rejoindre la ‘’terre des merveilles’’. Et une fois ce besoin assouvi, le conjoint disparaît.

Loin de moi l’idée de réfuter le consensus de beaucoup d’africains sur l’Europe. Un continent qui dans la conscience collective est considéré comme étant la porte du succès et la réussite. Mais  vouloir simplifier la question des séparations des couples afro-occidentaux à la seule relation d’intérêt du conjoint africain relève d’un simplisme accablant.

La conséquence serait qu’inconsciemment, le conjoint ou la conjointe africaine est  amenée à fournir un certain nombre de garanties pour prouver son réel amour.

Quelle est donc le type de  garantie qu’une  africaine devrait fournir pour montrer la sincérité de son amour envers son conjoint occidental? En d’autres termes, quelle preuve attend-on d’une personne d’origine africaine pour montrer qu’elle n’est pas entrée dans un couple mixte pour un visa ou toute autre avantage ?

Ces stéréotypes négatifs, sur les africains,  effectuent une sorte de chantage psychologique à caractère subversif. Vouloir montrer les preuves de son amour et de son détachement à un supposé privilège discrédite la valeur profonde de ce sentiment. Si l’amour devient rationnel, ne perd-t-il pas toute son essence ?

Cependant, pour éviter l’unilatéralisme du discours dominant, tentons d’aborder la question sous un autre angle.

Certaines femmes blanches fantasment d’avoir des rapports sexuels avec des africains, parce que ces derniers seraient, à les en croire,  plus virils sexuellement que les hommes blancs. Je n’ai lu aucune œuvre scientifique qui confirme ou infirme cette fable. Ce que je sais, par contre, c’est que les clichés et autres stéréotypes sont en général très peu fondés sur la raison.

Mais dans l’exemple qui attribuerait une virilité sexuelle aux africains , quelle preuve une femme occidentale devrait-t-elle apporter pour montrer s’être engagée dans une relation par amour et non pour sa prétendue efficacité au lit ? Voilà une interrogation que les simplistes pourfendeurs des couples afro-occidentaux ne se posent jamais.

On peut m’opposer  l’argument selon lequel la virilité sexuelle des africains n’est pas prouvée. Quelle est alors la preuve que les Africains nourrissent plus d’intérêts que de sentiments  pour leurs conjoints occidentaux ?

Dans les deux cas, on voit bien que nous faisons face à des phototypes qui nuisent les relations. Car  la thèse de la recherche de papiers comme raison  de la liaison d’un africain à une blanche  peut se frotter à l’appréciation selon laquelle cette dernière est à la recherche de la présumée virilité sexuelle. Dans ce cas, tous deux auraient des intérêts réciproques.

Dans quête des raisons et origines de ruptures des couples afro-occidentaux.il est peut-être temps d’ajuster nos lunettes pour ne pas perdre l’essentiel.

En France, par exemple, et il ne s’agit pas de couples mixtes, en 2011, 44,7% des mariages finissaient en divorce. Les Etats-Unis font partie du peloton de tête des pays où le taux de divorce est très élevé. Environs 55% des mariages se terminent par une séparation. Peut-on en déduire qu’ils ne se sont pas aimés au début ?

Alors, pourquoi voudrait-on enfermer les sources des séparations des couples afro-occidentaux à des intérêts assouvis de l’un des conjoints ? Pourtant, il y a autant, voire plus de séparations au sein des autres couples, comme nous le montre les chiffres plus haut.

La simplicité et la légèreté dans les jugements sont au début de nombreux amalgames. Si chaque être est unique, tous les couples ne seraient-ils pas mixtes ?

 

Les faits étant sacrés mais le commentaire libre, voici le lien de l’élément vidéo en question:
http://video.carrapide.com/media/watch/wfFyvXtc7a/parmi-nous-sur-larnaque-sentimentale-avec-chiara-barison-dans-yeewu-leen-du-mardi-07-janvier-2014—tfm

Rémy Mallet , Journaliste Blogueur

SENEGAL : Pourquoi acceptent-elles la polygamie ?

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A Dakar, les unions polygames n’ont pas baissées contrairement aux prévisions

Ils avaient prédit la mort de la polygamie, ils ont vu tout faux. Les démographes espéraient que cette pratique disparaîtrait à Dakar en raison son urbanisation accélérée. La polygamie, selon eux,  a des chances de perdurer plus dans le monde rural  que celui urbain.

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SENEGAL : S’intégrer en 5 points

drapo

Bienvenue au Sénégal, pays de la Teranga (solidarité). Quelles que soient vos attentes, ce pays vous réservera d’innombrables surprises. Mais parfois, le choc culturel pourra être brutal. Et même après plusieurs années passées dans le pays, il est possible qu’une certaine dose d’incompréhension subsiste à l’égard de cette culture si particulière. Nullement exhaustifs, voici cinq points qui vous aideront à relever le défi de l’intégration au Sénégal.

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SENEGAL :  »Maraboutisme »,  »Charlatanisme » ou Jeux avec les démons

maraboutage

Au Sénégal, nombreux sont ces personnes accros aux consultations des devins. Comme les prises de rendez-vous chez les médecins qui s’occupent du corps, on rencontre des personnes supposées avoir des pouvoirs magiques. Il s’agit là d’une consultation des génies pour faire le point sur sa vie spirituelle.

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OUMAR TRAORE DIT « BAKAYOKO »: Quand le destin rencontre la passion

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Venu au Sénégal pour connaître les parents de sa mère, Oumar Traoré s’est laissé séduire par l’environnement du pays de la « téranga ». Malgré les difficultés rencontrées dans le pays de maman, il a su se forger une image dans l’univers du cinéma. De père Ivoirien, Bakayoko est son nom d’acteur dans la série télévisée « Un Café Avec ». Ce binational  a parcouru un long chemin pour tenter de s’intégrer. Un périple qui lui permet de se projeter maintenant vers l’avenir avec détachement.

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