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Internet, le nouveau gagne-pain des entrepreneurs au Sénégal

Des blogueurs sénégalais lors d'une rencontre denommée Ndadjetweetup

Des blogeurs sénégalais lors d’une rencontre denommée Ndadjetweetup

Au Sénégal, les métiers liés à Internet constituent 3,3% du PIB, selon une étude rendue publique en 2013 par McKinsey Global Institute. La contribution d’internet dans l’économie du pays est la plus importante en Afrique. Le web a par ailleurs plus d’impact dans l’économie du Sénégal en comparaison avec la  France (3,1%) ou encore l’Allemagne (3,2%).

Gros plan sur les acteurs d’un secteur en ébullition.

‘’Internet sera à l’économie du 21e siècle ce que l’essence fût au 20e siècle’’. Cette phrase de Graig Barret, ancien patron d’Intel, n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Au Sénégal, pays d’environ 13 millions d’habitants situé au large de l’océan atlantique en Afrique de l’Ouest, le web constitue un gagne-pain pour beaucoup de jeunes entrepreneurs. Ils brillent par leurs projets aussi innovants qu’émancipateurs.

Mamadou Diagne, 37 ans, s’est lancé dans le  monde du digital au début  de l’année 2000. Aujourd’hui, il dirige une entreprise d’hébergement de sites internet ainsi que dans la vente des noms de domaine à Dakar, la capitale du Sénégal.  Internet constitue pour lui un moyen de subsistance. ‘’On peut gagner sa vie et vivre décemment avec internet. Maintenant pour gagner des millions comme les startups américaines, c’est difficile, car notre marché est restreint’’, estime-t-il.

QUAND LES CONTRAINTES SUSCITENT L’INNOVATION

Mamadou milite par ailleurs en faveur des technologies open source au Sénégal. En 2011, il lui vient l’idée de développer une application qui pourait permettre de tweeter par sms sans internet avec un téléphone mobile : c’est le Sn2tweeter. ‘’ Il y a 4 ans, Internet n’était pas abordable. En plus, il y avait des coupures d’électricité. Ce sont ces contraintes qui m’ont interpellées’’, se souvient-il.

Comment ça marche Sn2twitter ?  ‘’Les abonnés de Twitter envoient des sms sous forme de Tweet à partir de leurs mobiles. Ces sms sont ensuite diriger vers une passerelle et sont postées sur leurs comptes. Pour cee faire, les utilisateurs doivent au préalable autoriser l’application sur leurs comptes’’ exüplique-t-il.

A l’en croire, l’un des enjeux majeurs du développement des technologies en Afrique, plus particulièrement au Sénégal, se trouve dans l’émergence des logiciels libres et des données ouvertes. ‘’ On ne peut pas acheter des licences à Microsoft ou à d’autres grandes entreprises alors qu’on a des problèmes d’infrastructures. Les outils libres nous permettent  d’effectuer des personnalisations selon nos besoins ’’,  dit-il.

C’est donc dans cette idéologie du ‘’libre’’ que ‘’Sénégal Ouvert’’ a vu le jour. Laplateforme de données numériques, portant sur une multitude de secteurs, a pour objectif de ‘’lutter contre la corruption’’ et de ‘’favoriser l’engagement citoyen’’.

 Internet, pas accessible à l’ensemble de la population

L’ARTP, l’autorité chargée de réguler les télécommunications au Sénégal, estime le nombre d’internautes sénégalais à 3 194 190, soit près de 22% de la population. Ce taux relativement faible est aussi un motif pour entreprendre.

Il y a quatre ans, Alexandre Lette, 29 ans, a fondé ‘’Rufisque Tech Hub’’, un centre d’innovation installé  dans la banlieue de Dakar dans le but de promouvoir les technologies de l’information et de la communication. Son organisation se compose d’une dizaine de membres qui travaillent d’arrache-pied avec le pari de ne ‘’jamais arrêté d’innover’’.

‘’ On travaille avec des entreprises pour les aider à mettre en place des sites web ainsi que beaucoup de services liés à Internet’’, indique Alexandre. Ce journaliste-blogueur trouve inacceptable qu’à l’ère du numérique des entreprises soient encore en mode analogue. ‘’Les plus réticentes sont les entreprises du secteur public’’, déplore-t-il.

Contribution d'internet au PIB par pays. McKinsey Institute

Contribution d’internet au PIB par pays. McKinsey Institute

INTERNET AU SERVICE DU SOCIAL

Le web ne se limite pas seulement qu’au virtuel. Il peut aussi servir une cause sociale, comme c’est le cas avec Sunucause (Notre cause, en langue nationale Wollof). Ce projet a été conçu en 2012 par l’activiste web Cheikh Fall, 33 ans,  et des membres de la blogosphère sénégalaise.

‘’Nous approchons les populations pour nous enquérir de leurs problèmes et ensuite nous rendons accessible leurs préoccupations sur le web. C’est en quelque sorte un projet humanitaire qui s’appuie essentiellement sur les nouveaux médias’’. Il révèle que Sunucause permis de récolter jusqu’à 15.000.000 de francs Cfa (environ 30.000 dollars), au bénéfice des victimes des sévères inondations qui ont frappées les populations de la banlieue dakaroise en 2012. ‘‘Nous avons participé à la relocation de familles en difficulté, distribué des denrées alimentaires et des habits. On a aussi offert des consultations médicales gratuites’’, se souvient-il.

Ce projet social a été créé à la suite du succès qu’a connu Sunu2012, une autre plateforme de veille des élections présidentielles.

LES FEMMES S’IMPLIQUENT

juigeenetechhub

Session de Formation en codage informatique destinée aux filles

 

Le Web, c’est aussi l’affaire des femmes au Sénégal. Elles constituent plus de la moitié de la population (50.01%). Ainsi, il y a 3 ans, quatre d’entre elles passionnées d’informatique dont Marième Jamme, (nommée en 2012 par le magazine Forbes comme l’une des femmes les plus influentes d’Afrique), ont mis sur place une association dénommée ’’Jjiguenne Tech Hub’’ (Jjiguenne signifie femme en Wollof) pour ‘’former les femmes’’ et ‘’renforcer leurs compétences’’ dans les technologies. L’une des principales activités est le ‘’Girls Coding Camp’’, au cours de laquelle des lycéennes sont initiées à l’écriture HTML 5 et CSS, utilisée couramment dans la conception de sites web. ‘’ Les femmes ont autant les mêmes compétences que les hommes dans le domaine des Tics’’, reconnait Walter Nguamo, un des volontaires de l’association.

Moussoukoro Diop est ingénieur en informatique. A 35 ans, elle s’active en tant que digital manager pour Jovago, une entreprise de commerce en ligne . Elle explique la place des femmes dans un secteur en forte croissance.

LES SECRETS POUR ENTREPRENDRE

 

Le Sénégal attire de plus en plus des groupes informatiques internationaux. C’est le cas de Google mais aussi de l’entreprise allemande Rocket Internet qui s’active dans le commerce en ligne. L’entreprise française de service informatique Atos y prévoit l’installation d’une plateforme technologique pour bientôt.

‘’Cela montre un fort potentiel ici au Sénégal. Et c’est ce qui me fait dire que le choix que nous avons fait de nous intéresser au web dans le passé s’avère juste. Pour entreprendre il faut juste de la patience’’, confie Mamadou Diagne. Quant à Cheikh Fall, le secret pour entreprendre se résume au triptyque ‘’Conviction, Motivation et Volonté’’ :  ‘’ Sans ces trois mots, nos projets seront des mort-nés’’.

 

 

Amon Rémy MALLET

 

 

 

 

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