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PENURIE D’EAU : Entre laxisme d’Etat et égocentrisme Dakarois

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Selon certaines informations, l’Etat Sénégalais avait été mis au courant, depuis belle lurette,  d’une défection des tuyaux canalisateurs de l’eau en provenance de Keur Momar Sarr jusqu’à Dakar. Et l’alarme aurait été sonnée par la Sénégalaise des Eaux (SDE). Cette entreprise chargée de la gestion de l’eau aurait révélé que les tuyaux, à l’origine de l’actuelle pénurie, seraient endommagés. Prévu pour durer 30 ans, ils auraient lâchés à la neuvième année.

Dans la mesure où cette information serait vraie, quelle opinion se faire sur la passivité des dirigeants. La négligence au cœur du « graoul » (ce n’est pas grave) devenu presque banal dans les relations au quotidien des Sénégalais aurait-elle contaminée les sphères étatiques ? L’on n’ait pas loin  de confirmer cette thèse.

Si l’état avait été informé de cette défaillance, est-ce lors du magistère de l’actuel régime de Macky Sall ? Difficile de répondre par l’affirmative. Mais, pour ce que l’on en sait, un tuyau aurait pété. Si le canal a lâché, il y a forcément une raison. Pour l’heure, on préfère s’attarder sur le vieillissement du tuyau. Mais peut-être que c’est un manque d’entretien et de suivi.

On se demande parfois si au Sénégal, les personnes à hautes responsabilités travaillent réellement. Ou encore si elles ont des compétences qui coïncident avec leurs postes. Le problème de l’eau n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Par exemple, la fourniture en électricité demeure un casse-tête pour les autorités. On n’en parle plus assez des délestages. Pourtant ils existent toujours. Lors de la dernière campagne électorale en vue de la présidentielle, le régime de Wade faisaient l’objet de critiques acerbes concernant son impuissance face à la question de l’électricité.

Son fils Karim, alors ministre de l’énergie, affirmait que le problème était beaucoup plus structurel qu’un manque de volonté de sa part de voir les Sénégalais avoir du courant. Aujourd’hui on se rend bien compte qu’il n’était pas loin de la vérité.

A l’époque, le chanteur Youssou Ndour avait été actionné pour chanter Bou len coupé (Ne coupez pas). Il a été remercié par un poste de ministre de la culture dans le gouvernement de Macky Sall au nom de son ‘’engagement’’. Pour l’eau le ‘’roi du mbalakh’’ baigne dans un silence assourdissant.

Ce qu’il faut comprendre est qu’au Sénégal, quand il s’agit de vilipender une personne su ces faiblesses juste par convoitise, on y va à fond. On réfléchit moins sur les réels problèmes. Ce qui importe c’est faire de la politique et la vendre à des personnes qui n’ont que leurs mains pour applaudir.

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Dans ce quartier de Dakar, les populations creusent un trou dans l’espoir de trouver de l’eau

Quand il s’agit de sujets aussi cruciaux que ce que les Sénégalais vivent en ce moment, les ‘’politicards’’ ne sauraient apporter de solutions. L’opposition n’aide en rien les populations qui cette fois-ci souhaitent étancher leur soif, espérant qu’ils comprendront que la patrie vienne avant le parti.

Autre fait marquant,  les journalistes d’investigations se font rares. Leurs radars ne voient plus rien. Oui cette presse friande de la politique politicienne, qui face à de vrais sujets, peine à éclairer la lanterne du public qui doit savoir. Pauvre public, ce n’est pas Idrissa Seck qui sort de Benno Bokk Yaakaar. Vous n’aurez pas les dessous d’un divorce.

Un égocentrisme Dakarois insupportable

 

Et c’est au tour de « Yen a marre » et de groupes de la société civile de se rebeller pour manifester parce que depuis 2 semaines, il n’y a pas de liquide précieux dans la capitale. Leurs yeux, hélas, ne se limitent qu’à Dakar.

Keur Momar Sarr possède une station de traitement d’eau potable et de pompage qui permet l’alimentation de l’agglomération dakaroise. Là-bas,   l’eau potable est une denrée rare. J’ai eu l’occasion d’y séjourner pendant une semaine, mais cela a été très choquant  de constater ce paradoxe. Là-bas, l’eau utilisée les populations pour le bain provient pour la plupart des marigots. Jamais à Dakar, les mouvements citoyens  ont manifesté pour cette cause.

Dans les zones rurales au Sénégal, l’accès à l’eau est plus que problématique. Le Sénégal des profondeurs a un accès très limité à l’eau. Selon l’Afgence française de développement, Si presque tous les habitants des villes ont désormais l’eau potable, un tiers des Sénégalais n’ont toujours pas accès à des systèmes d’assainissement. Et de préciser : ‘’ Dans les campagnes, beaucoup de femmes continuent à aller puiser l’eau dans les puits à la force de leurs bras ‘’.

Et ceci n’a jamais troublé la conscience des Dakarois. Ces derniers aujourd’hui se lamentent comme si leur arrêt de mort avait été prononcé. Dakar aurait dû être le centre des contestations du bien-être des populations rurales. Pourront-ils le comprendre ?

Electricité, Eau, Inondations. Tant que l’Etat fera de la vérité une exception sur ces questions, le Sénégal continuera de baigner dans des problèmes d’ordre primaires et élémentaires des siècles après son indépendance. Dommage que le peuple de Senghor demande à boire à son âge.

Rémy MALLET

Journaliste bloggeur

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