Accueil » societe » OUMAR TRAORE DIT « BAKAYOKO »: Quand le destin rencontre la passion

OUMAR TRAORE DIT « BAKAYOKO »: Quand le destin rencontre la passion

Image

 

Venu au Sénégal pour connaître les parents de sa mère, Oumar Traoré s’est laissé séduire par l’environnement du pays de la « téranga ». Malgré les difficultés rencontrées dans le pays de maman, il a su se forger une image dans l’univers du cinéma. De père Ivoirien, Bakayoko est son nom d’acteur dans la série télévisée « Un Café Avec ». Ce binational  a parcouru un long chemin pour tenter de s’intégrer. Un périple qui lui permet de se projeter maintenant vers l’avenir avec détachement.

 

« Je n’avais jamais fait de télévision auparavant, j’ai voulu tenter l’expérience ». Voilà comment Oumar Traoré explique sa reconversion au cinéma.  Ventripotent pour à peine 1m 70, Bakayoko est son nom d’acteur. Né en 1977 en Côte d’Ivoire, il arrive au Sénégal à l’âge de 30 ans après pour découvrir le pays de sa mère. Teint clair et  corpulence imposante, la rondeur de son visage lui donne un air comique.

Cela lui a peut-être valu le rôle qu’il joue dans la série télévisée «Un Café Avec» diffusé sur la Télévision Futur Médias. «Au début, je devais juste être un gardien dans la série. Mais mon air humoristique et les blagues que je faisais ont fini par convaincre mon réalisateur», explique-t-il fièrement.

Troisième dans une fratrie de sept enfants, il est le seul à avoir quitté le pays de son père pour «connaître les parents de sa mère», dit-il. Ses vacances au Sénégal devraient durer trois mois, mais cela fait six ans maintenant qu’il vit à Dakar. «J’ai voulu avoir un nouveau départ ici parce que la situation en Côte-d’Ivoire n’était pas favorable»,  raconte Bakayoko.

Ajouter à cela, l’acteur est un véritable baroudeur. Cet ancien agent du supermarché  ‘SOCOCE’ d’Abidjan et diplômé en Construction métallique avoue avoir fait environs onze pays en Afrique.  Il accompagnait son patron de la SOCOCE pour prospecter et voir les marchés potentiels dans la sous-région.

Aujourd’hui, c’est lui qui est vu dans la série «Un Café Avec». Chaque Week-end, les téléspectateurs ont rendez-vous avec le feuilleton. « Bakayoko, je l’adore ! Il me fait beaucoup marrer quand je le regarde à la télé » s’exclame Oumou Sène, d’un air jovial. Cette inconditionnelle de la série ajoute que son acteur préféré y apporte une «touche particulière».

« Il fait la fierté de la Côte-d’Ivoire, c’est une icône. A travers cela il prouve que l’on peut réussir partout quel que soit son origine » témoigne Aka Gilbert, un Ivoirien installé au Sénégal depuis 2002.

Si aujourd’hui, il a la reconnaissance de beaucoup de téléspectateurs, c’est au prix d’un long périple.  Bakayoko a traversé des moments difficiles à ses débuts au Sénégal.

Pour être indépendant, il a accepté de travailler comme boy dans un restaurant situé dans le quartier de Hann Maristes. Cette situation n’a duré que quelques mois avant d’être embauché en tant que chauffeur pour la firme de tabac .

« Pendant deux ans, je percevais un salaire de 50.000frs CFA en tant que chauffeur. Cela n’a pas été facile parce qu’entre temps, j’ai quitté ma famille pour me prendre en charge »,  lâche-t-il avec beaucoup d’émotions, dans un restaurant ivoirien  du quartier de Ouakam où il déclare venir régulièrement pour déguster les mets du pays.

Les choses ont commencé à aller mieux quand en 2010, un Sénégalais né en Côte-d’Ivoire l’a contacté pour un rôle dans «Un café avec». Cette personne se trouve être l’assistant au réalisateur.

NECESSITE D’INTEGRATION

 

Le wolof que Bakayoko baragouine fait rire plus d’un téléspectateur. « Même moi quand  je m’écoute, ça me fait marrer. Pourtant ma mère me parlait wolof depuis que j’étais petit »,  confie-t-il. De père ivoirien et de mère sénégalaise, il se sent plus proche du pays de papa.

Image

Au théâtre National Daniel Sorano lors de la présentation de son single

Sa nationalité sénégalaise, il l’a obtenue suite à l’insistance de sa mère. Même avec cela, il dit ne pas être considéré comme tel. «Certains parents cousins me disent ‘gnac’. Pour eux, je suis un étranger», lâche-t-il. Il avoue se sentir frustré par cela mais il est obligé de faire avec.

«Ici pour être accepté, il faut se démettre de toute ta culture et embrasser totalement la leur. Je pense qu’on doit aussi comprendre la culture d’autrui», souhaite-t-il.

« JE VEUX CONTINUER MA CARRIERE »

Malgré cela, sa popularité dans la série ne cesse de  s’accroître. « Je me demande ce que serait un café avec sans Bakayoko ? » s’interroge Mélanie, une Ivoirienne. Elle avoue suivre le feuilleton parce qu’un ivoirien y est acteur.

Mais pour Bakayoko, il s’agit de suivre le destin. « J’ai tout lâché pour ce métier. Je compte continuer ma carrière dans le cinéma»,  lâche-t-il.  A court terme, son projet est de réaliser une série sur l’intégration au Sénégal. En plus de cela, il avoue être en contact avec une Université d’acteur à l’extérieur pour se perfectionner dans ce domaine.

-Ndèye, tu sais que je t’aime. Si on se marie, je vais te donner tout ce que j’ai, lance Bakayoko dans un wolof approximatif qui fait rire plus d’un.

-Bakayoko laisse-moi tranquille je ne t’aime  pas, toi tu n’as pas d’argent,  répond  Ndèye avec un dédain pour repousser les avances cet amoureux.

Cette scène tirée d’un épisode du film relate les péripéties dans lesquels Bakayoko va s’engager pour convaincre sa bien-aimée de l’accepter. Ainsi donc, l’acteur rentre des plusieurs aventures les plus sordides pour pouvoir trouver suffisamment d’argent pour marier Ndèye, cousine de son patron. Il est aujourd’hui, dans la série, un riche homme d’affaires toujours entre deux avions.

Dans les rues de Dakar, il ne passe plus inaperçu. « Bakayoko, où est Ndèye », lance une fillette  du taxi que nous empruntons ensemble.

«La seule chose qui pourrait me faire rester au Sénégal, c’est que toute ma famille en Côte-d’Ivoire vienne ici à mes côtés», avoue ce binational.

Ne pas rester au Sénégal ne signifie pas rentrer en Côte-d’Ivoire à l’en croire. « Je veux me lancer vers d’autres horizons. Ce n’est que le début. L’aventure continue», déclare Oumar Traoré dit Bakayoko avec optimisme.

On vous laisse regarder son premier single intitulé « Mane leu bakayoko » (C’est moi Bakayoko)

Rémy Mallet

Journaliste-bloggeur

Publicités

Ton opinion, c'est par ici !!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s