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« LAMB JI » : Le sport qui sort la tête de l’Afrique de l’eau

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Belle peinture d’illustration de la lutte

Quand on parle de football à l’origine, on pense bien sûr à l’Angleterre. Les Anglais ont su vulgariser ce sport qui au début n’avait de valeur qu’à leur propre yeux. Ils y ont cru et les résultats ont suivi. Le football est le sport le mieux consommé dans le monde.   Si ce n’est  le plus pratiqué.

En Afrique, le foot a connu un essor fulgurant.  Tout le monde veut devenir comme Messi ou Ronaldo.  Notre continent, il faut le reconnaître est un consommateur  aveugle de tout ce qui se fait ailleurs. Ce qui est à l’extérieur est toujours considéré comme le plus valorisant aux yeux des africains.

Cela ressemble à un travail psychologique qui a été fait depuis des siècles. On refuse de croire en ce que nous avons de plus cher au profit de ce qui marche où se fait le mieux ailleurs. On agit en « suiviste » en recopiant d’une manière caricaturale même les vices d’autres horizons. Et ce, on le aussi  retrouve dans le sport.

Mais, s’il y a quelque part en Afrique où des personnes se battent pour éviter de  tomber dans ce piège, c’est bien au Sénégal. Car, si le football occupe une partie importante du sport au Sénégal, il va devoir conjuguer désormais avec la lutte. « Lamb Ji », comme on l’appelle dans le pays de la « Téranga ».

Ce sport  traditionnel pratiqué individuellement est en train de croitre à une vitesse exponentielle. Les références ne sont plus exclusivement  les joueurs de foot tel qu’El hadji Diouf qui ont fait rêver l’Afrique en 2002.  La jeunesse se reconnaît de plus en plus chez les lutteurs comme Modou Lô ou encore Balla Gaye 2 et Cie.

« Tu sais, nos enfants n’ont de modèles que ces lutteurs-là. Les petits maintenant veulent ressembler  à Modou Lô et Cie. C’est vraiment malheureux et dommage », m’a lancé un ami écœuré de voir que des gamins s’identifient à ces lutteurs.

Moi,  j’ai plutôt jugé  ses propos accablants. Pourquoi un petit sénégalais devrait avoir comme référence le boxeur américain Mike Tyson ou encore  le footballeur Anglais David Beckam ?  Je lui ai demandé s’il voyait un jeune Américain  prendre pour vedette Manga 2, l’ancienne gloire de lutte sénégalaise. Je suis certain que ce dernier ne le connaît même pas. Il se préoccupe de son football américain.

Derrière la réflexion de mon ami se cache un manque de vision de ce qui pourrait être l’avenir de la lutte  pour le Sénégal  et voire  le reste du  monde. Ses lunettes étaient sûrement à l’envers, sinon il aurait vu que nulle part en Afrique un sport traditionnel accueille autant de spectateurs locaux et mêmes étrangers.

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Le lutteur espagnol Juan peut savourer sa victoire

Il aurait pu remarquer qu’autant le football s’est internationalisé pour voir émigrer de jeunes Africains vers le  vieux continent, autant la lutte attire des étrangers. J’en veux pour  preuve l’espagnol Juan qui appartient à une écurie et qui lutte, remportant des victoires devant des adversaires sénégalais.

Les gris-gris, les chants traditionnels et tout le folklore qui existent  autour de chaque évènement de  combat de lutte,  montrent tout le charme de ce sport. En quoi un Real Madrid-Barcelone aurait plus de valeur que la revanche de Yékini face à Balla gaye 2 ?

Je suis convaincu que si ces deux rencontres étaient se déroulaient à la même heure, beaucoup de sénégalais tourneront le dos à Xavi, Iniesta Ronaldo et Cie.

Il est vraiment temps qu’une prise de conscience de ce que nous avons de plus cher soit effective. Il faut  valoriser et  entretenir  la lutte afin qu’elle continue d’attirer  les étrangers. Ainsi donc,  nous assisterons  à un flux contradictoire des modes de migrations dans le monde. Si nous aspirons à ce que l’Afrique soit l’avenir de demain, il faudra consentir à faire des efforts dans le domaine de la lutte pour éviter d’avoir les yeux rivés vers l’extérieur. Notre défi  doit être  la création et  l’amélioration de ce sport dans le but de proposer quelque chose  dans l’échange interculturel  mondial. L’heure a sonné pour la relève et l’action positive. Avec la lutte, le Sénégal donne un bel exemple à l’Afrique. Le combat continue.

Je vous laisse regarder le combat du siècle  qui a opposé le 22 avril 2012 le féroce Yékini face à Balla Gaye 2 :

Dakaroisement parlant

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3 réflexions sur “« LAMB JI » : Le sport qui sort la tête de l’Afrique de l’eau

  1. et n’oublie pas le rapprochement qui s’effectue entre la lutte suisse et la lutte sénégalaise. J’en veux pour preuve le documentaire: « Sénégal-Suisse: la lutte, une même passion » qui est passée à la télévision suisse et que l’on a retransmis durant la Quinzaine de la Francophonie l’année dernière. Ce même lutteur est actuellement en Suisse pour continuer son perfectionnement. Meilleurs vœux pour l’avenir de la lutte dans nos deux pays.

    • Oui . c’es vrai que la lutte n’est pas l’apanage du Sénégal même si dans la pratique, il se démarque par toute la tradition folklorique. Le rapprochement avec le Schwingen est assez intéressant comme tu l’a souligné. Une bonne coopération pourrait être fructueuse sur le plan culturel.

  2. Selon moi et ca n »engage que moi la lutte a bcp d »inconvenients les enfants ne veulent plus apprendre ils veulent tous devnir des lutteurs.Tu les vois de gauche à droite en train de pratiquer la lutte à l’ecole à la plage dans les rues partout et c »est vraiment lamentable. La lutte n »est pas un modele pour moi mais quand meme ca evite un peu le banditisme.Merci

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