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BEAUTE : Les Sénégalaises à la quête de l’essentiel inaperçu

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«Tu auras 1000frs CFA sur les 10 premières que nous allons rencontrer». Voici le pari que j’ai lancé à un ami avec qui je marchais dans les rues de Dakar. Le but du jeu est simple. Je lui donne cette somme qui équivaut à environ 2 euros pour chaque femme qui n’aura pas de mèche sur sa tête sur les 10 premières à venir.

Dans mon jean de fortune que j’avais porté ce jour-là, Dieu seul sait qu’il ne contenait pas le moindre dalassis. Dans la vie, comme on dit, «qui ne risque rien n’a jamais rien». Arrivés à la 11ème femme en guise de bonus, je compris qu’il n’y avait rien de risquer dans ce pari. L’exception qui a fait la règle s’est déroulée juste à la fin. «Elle est là. Regarde, ce sont ses cheveux», m’a-t-il lancé. Hélas pour lui, la compétition était bel et bien terminée.

Cela, montre à quel point les cheveux de nos charmantes demoiselles ne servent presqu’à rien. Même s’ils sont naturels, ils passent au lissal (rendre lisse) dans des salons de coiffure que tiennent pour la majorité nos amis Nigérians. C’est simple à comprendre, les cheveux crépus ne sont pas un signe distinctif de la race noire sous le soleil de «ndakarou».

Et cette donne se fait ressentir dans la poche de nos vaillants «goorgui» . Entre les Ngéntes (baptêmes), les Takks (mariage) en passant par les Sabaars, la bourse des googooorlous est rudement mise à l’épreuve. Car il ne va plus s’agir de contribuer à la mise en place des queues de cheval sur la tête des «disquettes», mais aussi participer à tous les «safals» nécessaires que leurs conjointes soient attractives dans ces cérémonies. Pour y aller, elles ont aussi besoin de faire un tour au salon pour être maquillée.

Le maquillage de nos sœurs est tellement bien fait qu’on a du mal à les différencier des poupées barbies. Quand on passe devant les salons de beauté, c’est là qu’on s’aperçoit qu’il y a vraiment des personnes qui ont le don de créer un masque sur le visage des jolies dames. «Tey mom def nga beu mou bakh», leur lance-t-on pour ne pas leur dire qu’elles sont parfaites pour le carnaval.

 Le plus simple apparaît comme le plus compliqué pour les driankés sénégalaises à qui Dieu a donné un corps extraordinaire. Un corps qui m’enchante personnellement.

Dans les tenues vestimentaires, là aussi, elles se cherchent. Entre décence et extravagance, tout est mélangé. Et, ça devient vraiment un parcours du combattant pour éviter de voir ce qu’on ne veut pas voir tellement souvent leurs jeans laissent apparaître des parties qui indisposent.

Le vendredi on essaie de temporiser. On dépose les jeans et consorts dans l’armoire. Il faut passer aux fameux «Yéré Olof» (tenues wolofs). Des pagnes provenant de Hollande sont souvent cousus sur un modèle occidental. Et c’est ce jour que nos filles les portent pour tenter de sortir de la routine. Hélas, je ne vois rien de wolof , ni de traditionnel dans ces accoutrements.

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« Femme nue, femme noire » La Sénégalaise aujourd’hui est à l’opposé de celle prosée par Senghor

Une amie occidentale à qui j’ai demandé pourquoi elle n’utilisait pas ces artifices pour se rendre belle m’a donné une réponse que je cogite encore. «Si tu te maquilles, je le fais aussi», m’a-t-elle rétorqué. Après une longue réflexion, je compris le non-dit de son bout de phrase.

Même dans les clips ou publicités, l’image de la femme sénégalaise renferme un peu tout ce qui précède, Khess (dépigmenté), maquillé à l’extrême et la tête remplie de longues mèches qui n’ont rien à envier aux cheveux des femmes outre atlantique.

Si elles se contentaient de la beauté sauvagement naturelle qu’elles ont, ce serait mieux. A moins qu’elles cherchent dans leur imaginaire une joliesse qui n’existe pas. L’usage de toutes ces éléments métamorphosant apparaît comme une chosification de la gent féminine. Pourtant, elles ne sont pas des objets, comme Coumba Gawlo nous le dit dans sa chanson.

Concernant la dépigmentation , je vous laisse en compagnie du marabout  Mame Abdou Aziz Sy Dabakh :

Dakaroisement parlant

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5 réflexions sur “BEAUTE : Les Sénégalaises à la quête de l’essentiel inaperçu

  1. Tres intelligent amonremy, comme toujours. Sur la dépigmentation surtout mais aussi autres artifices, il faut aussi mentionner que de nombreuses études scientifiques montrent que celle-ci est malheureusement liée à la domination d’un modèle occidental de la beauté. Non, tout ce qui est toubab n’est pas forcément mieux

    • Tout à fait Cécile. Merci pour ton pertinent commentaire. Cependant, il reste beaucoup à faire pour que la donne change face à ce modèle idéalisé sous nos tropiques. Le combat continue…

  2. Je me suis bien régalé. Désormais je sais où tu regarde quand tu te promène à Dakar. Tu développe des idées que j’ai toujours défendues. Toutes ces artifices les dénaturent plutôt. Les jeunes filles, inconscientes et complexées, ne se valorisent pas comme elles sont.

    • Belle analyse niasse. Le complexe est une donne psychologique sur lequel il va falloir beaucoup travailler. Pace que comme tu le dis c’est de l’inconscience. La bataille pour le changement se poursuit…

  3. Salut, je suis française, et je pense que les modèles de beauté sont imposées implicitement à la société .. Ici peser plus de kilos que la  »norme » n’est pas bien vu . On doit être slim pour passer pour belle.. L’essentiel , c’est juste de s’apprécier comme on est c’est tout …

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