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« KHESS PETCH » : Hypocrite procès d’un produit idolâtré

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L’affiche de la discorde

khessal (dépigmentation), Thiouraye (encens) et consorts. L’artillerie des driankés sénégalaises pour séduire les gorguis est lourde. Il faut réellement être dans un bunker pour espérer ne pas être sous le charmes ces disquettes.

 Tous les moyens sont bons pour les filles dakaroises quand il s’agit de charmer un homme. «Def bo mou bakh»: Voilà l’expression employée par les jeunes demoiselles chasseuses d’hommes.

Si souvent certaines pratiques sont décriées par la gent masculine, on peut considérer cela comme une critique assez hypocrite. Dans une émission interactive que j’ai suivie à la radio, une femme avouait que tous ces éléments de beauté font partie intégrante du budget de son mari. Elle n’est pas la seule.

 Les produits de dépigmentation, on ne cessera de le dire peuvent conduire à des complications dermatologiques. Elles n’en ont cure. «Qu’ils nous laissent tranquilles , c’est tout ce qu’ils aiment», me confie Rama, parlant des hommes. A-t-elle raison? La réponse ne me revient pas.

 Ce que je constate par contre c’est le fait que les hommes conçoivent implicitement le fait que leurs femmes soient plus attractives quand elles sont «khess». Si l’ont en croit le témoignage de femmes qui se font payer leur différents outils de beauté par leurs conjoints, je ne pourrai douter de la confidence de Rama.

 «Khess Petch» (toute blanche). Voila la dénomination d’une crème éclaircissante qui avait soulevé une polémique de beaucoup d’habitants du ndakarou. Les affiches de «Toute blanche», (si je peux me permettre une traduction) ont envahi les rues de la capitale sénégalaise. Je n’ai rien compris à la campagne de diabolisation qui a été faite vis à vis de ce produit blanchissant. Rien.

 «Khess Petch» n’a rien de moins que toutes les autres pommades qui blanchissent la peau. Le responsable Marketing a du moins été plus ingénieux et créatif pour la marque de son produit. Quelle est la différence entre l’appellation de ce produit et l’effet que celui ci a comparé des produits de la même famille ? Je n’en vois aucune. Ainsi, au lieu de s’attaquer au fond, ils ont préféré s’attaquer à la forme.

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La contre offensive

 Ainsi , la campagne «nioul kouk» (Toute noire) a vu le jour en réponse à la précédente. Le hic de cette nouvelle campagne est pour un éditorialiste sénégalais le fait que ce soient des «wekh tall» (blancs) qui s’en mêlent. Selon lui, « nioul kouk » est le fruit d’une agence de communication française .

 Ce qu’il a oublié, c’est qu’en réalité , les toubabs, comme on les appelle ici ne se souient aucunement que l’on soit très noir ou très blanc. On demeure noir à leurs yeux. La preuve.  Les enfants de couples mixtes sont toujours considérés comme noir dans les sociétés occidentales.

 Au lieu de faire un procès à la marque d’un produit, cherchez plutôt à ne plus donner de l’agent à vos copines et femmes pour s’en procurer. «Djigen bou khess mo may vibrélo»(les femmes claires m’exitent)) , me lâche, sourire aux lèvres un frangin.

Dakaroisement parlant

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6 réflexions sur “« KHESS PETCH » : Hypocrite procès d’un produit idolâtré

  1. Pour moi le « khessal » est une autre forme d’un désir d’ailleurs, un sentiment profondement ancré dans la mentalité sénégalaise. Avec le désir d’ailleurs je dénote la positivisation d’ailleurs et la minimisation du local. Avec les jeunes femmes, soit les disquettes, soit les fameuses diriankes, elles aiment se transformer. A dire que l’authenticité ne joue pas un très grand rôle. Mimétisme, c’est-à-dire l’art d’imiter, joue un rôle fondamental dans la société sénégalaise d’aujourd’hui. Pour certains facteurs le Toubab est un modèle. Donc avoir la couleur blanche implique quelques facteurs localement bien vu, donc on essaye de l’imiter. La couleur blanche est un idéal de beauté pour beaucoup des femmes sénégalaises. Un idéal a suivre, malheureusement, parce que on sait les dangers pour la santé.

    • Merci Sebastian pour ton regard d’anthropologue sur la question. C’est vrai aussi que le « désir d’ailleurs » si on veut le plaquer au sujet du « khessal » découle je crois d’un traumatisme postcolonial, le blanc étant la représentation inconsciente d de ce qui est supérieur pour les africaines et africains. Conséquence, se blanchir la peau apparit donc comme un critère de valeur our beaucoup ..

    • Mais Anna je suis étonné de savoir que vous avez pris conscience de cela que lorsqu’une pub soit disant « khess petch » a vu le jour. J’aimerais bien savoir les rélles motivations de « nioul kouk » ? bien vrai que comme vous pouvez le voir dans l’article je ne partage pas le point de vue de ‘éditorialiste. Si cette tendance existe depuis toujours, pourquoi subitement vous vous y êtes
      mis. Après on n’entend plus parler . J’ai visité le blog , j’ai reconnu les visages de francoise correa et de agnes seri .

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