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TALIBES : « Sarakh Ngri Yalla »

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Quand on parle des activités génératrices de revenus au Sénégal, moi j’inclus la mendicité. A Dakar, ceux qui l’exercent sont appelés talibés. En principe, un talibé c’est celui qui est disciple d’un maitre religieux ou coranique, si on veut.

Mais, on n’a plus besoin d’appartenir à un Dahira pour être un talibé. La manière la plus simple est de bien cibler l’endroit. Une place où il y a beaucoup de gens qui y circulent. Après, on peut espérer de la part de ces passants le fameux «yeremandé» (compassion ou pitié).

Le yeremandé de mes frères dakarois abonde. Et ce au plaisir des chasseurs d’émotions. Il déborde tellement que cette activité génératrice de revenus doit être considéré comme une fonction à part entière, même si elle est informelle.

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Je suis habitué à voir ces mendiants qui ne changent jamais de poste. Il faut se faire remarquer par un bienfaiteur. En face de l’église des martyrs de l’Ouganda dans le quartier de Dieuppeul. J’ai assisté un jour à un fait sordide. La charité d’une dame qui était à l’intérieur de sa voiture a tourné au scandale. Et pour cause. Le sachet qui contenait le butin n’est pas arrivé à destination de la personne qui se sentait concerné par l’offrande. «Cela me revient de droit. Chaque jour, c’est à moi qu’elle le remet»,  lance un des leurs, qui avait déserté son poste au moment où la bienfaitrice avait stoppé sa luxuriante voiture.

C’est préférable quand ils se battent entre eux. Le pire c’est quand tu es victime d’agression. J’en ai fait les frais une fois sur l’avenue Cheikh Anta Diop. «Sarakh Ngri Yalla» (la charité s’il vous plait à cause de Dieu), me lance une fillette d’environs 5 ans. Je ne réponds pas. Elle recommence. Je lui fais savoir que Yalla n’a rien mis dans mes poches aujourd’hui. Cela ne suffit pas. Elle passe à la vitesse supérieure et marche dans la même direction que moi avant  de me tenir le bras. Harcèlement ? Je n’aime pas les questions. Après le bras, c’est ma pauvre chemise achetée dans la friperie de Colobane à laquelle elle s’agrippe.

On marche plus de 500 mètres avant que sa «maman» ne crie en sa direction. La proie de ce jour a été difficile à croquer. L’option abandon et retour en zone a été privilégié. Quand je pense que ce jour-là, je n’avais pas le moindre sou dans la poche. Mais à son poste, je pouvais voir plusieurs pièces qui auraient pu me permettre d’acheter un sachet d’eau. Eux au moins, ils ont de quoi faire remuer.

Cela me donne des idées en vue d’une reconversion dans ce métier qui attire de plus en plus d’adeptes. Cela se constate partout dans les coins et recoins du  ndakarou. C’est l’identité même de la capitale du pays de la Téranga.

Qui s’y colle s’y pique. Il faut demander à un courageux ancien premier ministre du président de la renaissance africaine. Il y a environ une année, le monsieur s’était permis de criminaliser ces actes. Tellement brave, des affiches ont décoré la capitale. Mais pour un laps de temps.

Celui qu’on appelle «Wakh Wakhet» au Sénégal est sorti de sa réserve pour remettre son soldat dans les rangs, avant de le discréditer publiquement. Il paraît que le deuxième pouvoir n’en voulait pas, par ce qu’il n’y a pas été associé. Et comme dans le «sunugaal» il est difficile pour le premier pouvoir de diriger sans l’aval du deuxième pouvoir, le premier a préféré reculer. Recul stratégique quant on a l’intention de diriger pour plus de temps qu’il n’est permis.

Pourtant, il parâit que la loi interdisant la mendicité a été adopté en 2005.

Et puis, quelle est l’idée de vouloir interdire mes amis talibés de vaquer à leur occupation. En réalité, cela ne dérange personne. En tout cas, pour mon amie Nogaye qui fait du «set» (voyance) chaque semaine, il n’en est pas question. A qui va-t-elle offrir le coq vert qui lui a été recommandé par son «voyeur». Quand ce «sarakh» (sacrifice) donné à une vieille dame de petite de taille va pousser sa coépouse à plier bagage, il faut lui laisser ses talibés.

Plus il y a de talibés, plus les choix du voyant sur les détails de la personne à qui donner le sarakh peut être attendent. Et des nogaye, il n’y a pas que moi qui en connais.

Ces fameux voyants au business juteux. Chut. Je laisse ça pour la suite.

Vive les talibés. Vive la mendicité. Vive «Njombor»«Fii Sénégal la»


Pour celui ou celle qui veut ajouter quelquechose, la boîte commentaire en bas est l’endroit idéal. La bonne nouvelle est qu’il n’y a pas de censure.

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