Changement climatique : Nous sommes tous concernés

Si les hommes ont créé des frontières pour se protéger les uns des autres, la nature elle en a cure. Les actions des uns sur elle produisent des effets considérables pour les autres. Cela est d’autant plus vrai que les pays les plus vulnérables aux changements climatiques sont les moins polluants, à en croire le rapport de Maplecroft, un cabinet britannique d’analyses de risques.

En effet l‘indice de vulnérabilité au changement climatique de 2014, développé par Maplecroft, place 6 pays africains parmi les 10 pays les plus vulnérables. Le Sénégal occupe le 14e rang de ces pays où les tempêtes, inondations, sécheresses, et la hausse du niveau de la mer se feront le plus sentir.

La hausse du niveau de la mer est déjà une réalité dans des villes côtières sénégalaises. Cette tendance est exacerbée pendant la saison des pluies. Il y a encore quelques années, à Rufisque (25 km de Dakar) la destruction par les eaux marines du cimetière ainsi que d’autres habitations ont laissé les populations dans le désarroi .

La montée des eaux a aussi une conséquence sur la pêche et le tourisme. Ce sont pourtant des secteurs qui constituent les principales activités génératrices de revenus des villes situées sur le long du  littoral. Au-delà de l’impact économique lié aux changements climatiques, le risque sur la santé n’est pas non plus négligeable. Un réchauffement de la terre constituera indubitablement un terreau fertile pour la prolifération des moustiques avec comme conséquence le paludisme, surtout chez les populations qui vivent dans des pays tropicaux.

Pour ceux qui se posent encore la question de l’utilité de la participation des pays moins polluants au sommet de la COP21, on pourrait répondre que nous sommes tous concernés de fait. Comme l’a révélé Madeleine Diouf Sarr, chef de la division des changements climatiques à la direction des établissements classés, dans 15 ans, la température actuelle du Sénégal connaîtra une hausse de 3 degrés en raison des changements climatiques.

La déforestation accentue l’avancée du desert

Mais les causes exogènes de ce phénomène étant connues (surproduction des pays industrialisé libérant du dioxyde de carbone dans l’atmosphère), l’on ne saurait occulter les facteurs internes qui facilitent le changement climatique.

Destruction de Baobab à Thiès. Photo : Ute Bocandé

Destruction de Baobab à Thiès. Photo : Ute Bocandé

La sauvage deforestation que subit l’environnement est une réalité sinistre à laquelle les Sénégalais font face. Dans un article publié il y a 2 ans, Ute Bocandé, une Allemande qui réside à Thiès ( 70 km a l’est de Dakar), s’émouvait de désespoir devant l’extermination de Baobabs (arbre répandu au Sénégal) dans sa ville.  »Détruite. Les baobabs, séculaires témoins de l’expansion de cette ville de Thiès, couchés par terre, assassinés par les bulldozers. Autrefois, avant de tuer un baobab, on appelait un prêtre traditionnel pour accomplir certains rituels, car les baobabs sont supposés être domicile d’esprit et autres djinns. Ces croyances qui protégeaient aussi la nature… Un coup de bulldozer, hop, fini le baobab « , écrivait-elle. Cette pratique en accélérant l’erosion laisse aussi le champ libre à l’avancée du desert.

Une nouvelle approche du développement s’impose

À Dakar, la capitale, les espaces verts se font de plus en plus rares. L’appétit foncier des promoteurs immobiliers pousse à construire des habitations qui ne sont pas respectueuses de l’environnement.

Maintenant que tout cela est dit, comment prendre la direction d’une transition énergétique durable ? Les risques encourus, si nous continuons sur la lancée d’émissions de dioxyde de carbone, sont connus mais les déterminants et conditions pour emprunter le virage vert s’avèrent plus problématiques.

Il est vrai de noter que le Sénégal dispose d’un potentiel déjà rassurant. Le soleil est présent pendant la majeure partie de l’année, étant ainsi propice à l’énergie solaire. Le potentiel éolien est réel en raison d’une constance et d’une régularité des vents. Nonobstant la volonté politique nécessaire à cette transition énergétique, la question des financements demeure cruciale. Car   l’agriculture biologique aussi bien l’énergie solaire ou éolienne  nécessitent des investissements dans des infrastructures adéquates.  Et cet argent  il faudra bien le trouver.

Le Sénégal n’a donc pas encore achevé son développement qu’on lui laisse entrevoir une nouvelle manière d’y arriver. Ainsi, la conférence de Paris qui s’ouvre ce lundi 30 novembre, au-delà de son objectif principal (arriver à un accord des pays pour limiter le réchauffement mondial en deçà de 2°C ), se pose la question d’une éthique du développement.

Amon Remy Mallet

Journaliste-Blogueur

Internet, le nouveau gagne-pain des entrepreneurs au Sénégal

Des blogueurs sénégalais lors d'une rencontre denommée Ndadjetweetup

Des blogeurs sénégalais lors d’une rencontre denommée Ndadjetweetup

Au Sénégal, les métiers liés à Internet constituent 3,3% du PIB, selon une étude rendue publique en 2013 par McKinsey Global Institute. La contribution d’internet dans l’économie du pays est la plus importante en Afrique. Le web a par ailleurs plus d’impact dans l’économie du Sénégal en comparaison avec la  France (3,1%) ou encore l’Allemagne (3,2%).

Gros plan sur les acteurs d’un secteur en ébullition.

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Pratiquez-vous le  »cousinage à plaisanterie » ?

Licence : creativecommons

Notre quotidien est marqué par des actes violents de toutes sortes. Il ne se passe plus un jour sans qu’on entende parler d’attentats terroristes ou de meurtres prémédités entrainant la mort de nombreuses personnes. Cette atmosphère de chaos semble légitimer et libérer la parole haine et de xénophobie, notamment de la part de groupes d’extrêmes droites en Europe. Cependant, la réalité contemporaine cache en elle-même un autre véritable problème, celui de la difficulté, voire de l’incapacité, des individus à communiquer sans faire appel à la violence. Savoir communiquer crée des liens et dans certains cas la communication peut avoir un caractère préventif face aux conflits. Dans de nombreux pays africains, par exemple,  une forme de communication entre différents groupes sociaux est censée juguler de potentiels heurts et accrochages: il s’agit du cousinage à plaisanterie.

Imaginez deux personnes qui  s’insultent, se chambrent, s’invectivent sans qu’il n’y ait de colère, d’irritation encore moins de ressentiment de leur part. Au contraire,  elles  en viennent même à en rire de la situation. Cette scène surréaliste est presque banale au Sénégal et dans plusieurs pays africains. Cette prtaique communément apellée  »cousinage à plaisanterie » est en quelque sorte un   » jeu qui se pratique à l’occasion de toutes les activités courantes de production et d’échange de valeurs symboliques et matérielles », note Amadou Barké, enseignant chercheur à l’Université de Niamey au Niger. «Pour les joueurs, observe-t-il,  il s’agit d’affirmer chacun en faveur de sa communauté d’appartenance toute différence susceptible de distinguer celle de la communauté correspondante à laquelle appartient son vis-à-vis».

On comprend à travers cette définition qu’il ne s’agit ici nullement pas de considérer le jeu dans son acception la plus rigoureuse. À la différence du jeu au sens propre qui se déroule en dehors du temps social consacré à la production des valeurs, le cousinage à plaisanterie se trouve même au cœur de la création des valeurs et des interactions entre les individus. Il peut donc s’exprimer dans les lieux de travail, dans la rue, dans les salons…

Pour qu’une plaisanterie de ce type se produise entre deux individus, il faudrait au préalable l’existence d’un pacte ou d’une alliance entre les catégories sociales auxquelles ils appartiennent. Il peut donc s’agir d’alliances entre catégories ethnolinguistiques (ethnies, tribus, clan ou famille patronymique), groupes d’âges (grands-parents-petit-fils ; beaux-frères-belles sœurs) ou encore groupes de métiers.

Pour comprendre comment cela marche concrètement, on peut se référer à l’observation de Clarisse Jouompan-Yakam qui relate son aventure devant un guichet automatique bancaire à Niamey, la capitale du Niger, lorsqu’un client tente de griller une file d’attente.  »Une voix de femme retentit :’Il faut être un Bagobiri pour agir de la sorte ! Quand il s’agit d’argent, ils oublient les règles de bienséance. Ils n’y peuvent rien, c’est comme ça. Les Bagobiris se laissent toujours guider par leur cupidité.’ ‘Et les Djermas, alors, n’est-ce pas pareil quand ils se retrouvent devant un plat de dibiganda bien assaisonné de tiga digué ? Et que dire des songhaïs devant une tasse de doungandi ? » rétorque le monsieur. Le ton est vif, mi-figue mi-raisin. Les deux protagonistes semblent prêts à en découdre. Quand l’atmosphère se détend, aussi soudainement. Et les rires fusent. »

Cet incident illustre la capacité de la pratique du cousinage à plaisanterie d’inhiber, voire d’annihiler une éventuelle altercation. On peut dès lors supposer qu’en l’absence du rôle de régulation que joue le cousinage a plaisanterie, les protagonistes auraient usé de la violence pour tenter de résoudre ce problème. Au contraire, le différend s’est plutôt terminé de manière amicale, même si les mots utilisés auraient pu, en dehors du contexte du cousinage à plaisanterie, conduire à des affrontements physiques.

L’exemple des Diolas et des Sérères du Sénégal 

Cela dit, l’existence du cousinage à plaisanterie entre les différents groupes sociaux permet donc d’établir une convivialité et une  solidarité  pour faire prévaloir un ordre social paisible.

C’est aussi le cas des relations cordiales qu’on peut observer entre les  Sérères (entre-ouest du Sénégal) et les Diolas   (sud du Sénégal) qui ont noue une alliance a plaisanterie. Dans son ouvrage «Aguène et Diambone», Saliou Samb, ancien gouverneur de Dakar,  retrace le mythe à l’origine du cousinage  à plaisanterie  des deux peuples.

Aguène et Diambone seraient deux sœurs jumelles qui après le chavirement de leur embarcation se seraient retrouvées chacune sur une partie distincte du continent. Aguène serait donc l’ancêtre des Diolas, et sa sœur Diambone l’aïeule des sérères.

Les descendants de ses deux lignées sont en conséquence des cousins.   Ainsi,  il serait donc inconvenant de considérer les invectives d’une Diola à l’égard de sa cousine Sérère ( ou vice-versa) comme  une « déclaration de guerre » ou qu’elles en viennent à en découdre physiquement. Car, le propre même de ces plaisanteries est l’interdiction pour chaque acteur ou actrice de se vexer.

Des exemples d’alliances sont légion parmi les les communautés des pays de la zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en république de Guinée.

Un rempart aux crises 

Les politiques ont tout avantage à considérer cette «parenté plaisantante» (terme utilisé par Raphäel Ndiaye), qui anime les relations entre plusieurs groupes sociaux , pour l’inclure dans les mécanismes de résolution de conflits et de préservation de la paix.

L’Unesco a pour sa part estimé en 2014, que la pratique de la parenté à plaisanterie satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est donc là une raison de plus pour la préserver, l’entretenir et  l’actualiser, car comme le note Père Lopi, Dieu lui-même  »le seul moment où il rit, c’est quand deux cousins plaisantent ».

Si les différents peuples du monde s’appropriaient ce mécanisme et nouaient ainsi des relations basés sur la plaisanterie, on serait probablement eloigné de cette violence destructice que nous relaient les médias au quotidien.

Amon Rémy MALLET

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Quelques liens pour continuer la lecture:

Etienne Smith – Les cousinages de plaisanterie en Afrique de l’Ouest, entre particularismes et universalismes ( https://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2004-1-page-157.htm#no2 ) 

Raphaël NDIAYE Correspondances ethno-patronymiques et parenté plaisantante : une problématique d’intégration à large échelle par   ( http://www.enda-sigie.org/bases/sigie/ressources/edocs-ndi_patronym-parent-plais.pdf )

Adamou Barké  LE « COUSINAGE À PLAISANTERIE » LA CULTURE SAVANTE POUR UN ÉCLAIRAGE FÉCOND DE LA CULTURE POPULAIRE( http://afelsh.org/wp-content/uploads/2012/04/Barke-Adamou-MEF-Final.pdf )

Souleymane Bachir Diagne invite à  »philosopher en langues »

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Photo credit: Amon Rémy MALLET

L’an dernier le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a été désigné par le magazine Jeune Afrique parmi les 50 personnalités les plus influentes de l’Afrique. Nous sommes allés à sa rencontre après une conférence qu’il a animée, samedi 16 Mai à Bonn en Allemagne, portant sur la notion de ‘’grammaire philosophique’’ et les défis de la traduction. Au cours de cet entretien, le professeur à l’Université Columbia de New York est revenu notamment sur l’idée d’une philosophie africaine, l’oralité,  l’immigration illégale.  Il a aussi partagé sa vision sur le futur de  l’enseignement supérieur au Sénégal.

Professeur, que doit-on comprendre par ’’grammaire philosophique’’ ?

L’idée de grammaire philosophique est concept qui a été utilisé par des philosophes, des logiciens particulièrement, qui ont  cru  en la possibilité de mettre  en place une langue universelle qui serait celle par laquelle on s’entendrait tous. Le philosophe allemand Gottfried Wilhelm Leibniz, en l’occurrence, a indiqué  par cette notion que nous devrions pouvoir retrouver une grammaire universelle sous la grammaire de surface que constituent nos différentes langues. J’ai appelé ce projet là un projet humaniste même s’il est utopique.

Sur cette même lancée,  vous avez appelé à ‘’philosopher en langues’’

Oui, philosopher en langues est une expression qu’utilise Barbara Cassin,  une philosophe française très célèbre. L’idée c’est qu’il faut entamer l’entreprise  philosophique à partir de la pluralité de nos langues empiriques. Il faut se rendre compte que lorsqu’on philosophe on parle une langue parmi d’autres langues. Cela revient donc à se demander ce que donnerait ce que l’on dit si on le  transférait dans une autre langue. Ce transfert est-t-il possible ? Ne rencontre-t-on pas de l’intraduisibilité ? Qu’est-ce que cela m’enseigne du problème et de ma propre langue ? C’est un peu autour de ces questionnements que repose l’entreprise de philosopher en langues dans laquelle je me reconnais.

On peut supposer donc tout le défi en la matière. Avez-vous des exemples où la traduction peut s’avérer problématique ?

Prenons à titre d’exemple les langues zéro copule. Dans ces langues, les fonctions du verbe  »être » tel que nous le connaissons en français ou en anglais ne jouent pas le même rôle. Considérons donc le fameux énoncé de Descartes ‘’je pense, donc je suis’’. Il suppose que l’on puisse utiliser le verbe être de manière absolu. Cela dit ‘’je suis’’ est l’équivalent de j’existe. Or vous avez des langues où l’énoncé ‘’je suis’’ admets une suite : vous êtes qui, vous êtes quoi vous êtes comment ?    Voilà ce que la diversité des langues nous enseigne sur la nature des problèmes tels que nous les posons d’une part, et d’autre part sur la nature de nos argumentations philosophiques. C’est pourquoi il est bon que le  philosophe sache plusieurs langues et sache transférer aussi les problèmes d’une langue à une autre. Il est donc amené à penser entre les langues. C’est dans cette lancée que s’inscrit donc le projet de philosopher en langues.

Vous n’avez pas fait mention de la culture au cours de votre exposé. Pourtant les langues sont aussi portées par la culture ?

Tout à fait. Je pars des langues parce que ce qui m’intéresse, c’est la traduction. Mais j’ai bien le sentiment que derrière la langue se profile toute la culture. La langue ne pourrait se concevoir sans l’arrière-fond de toute la culture dont elle est l’expression. Et donc, si je me focalise sur les langues, c’est pour m’étendre  sur un aspect de la culture, où, d’une certaine façon toute la culture se retrouve.

En Afrique, les philosophes produisent des œuvres dans des langues qui ne sont pas les leurs. Comment comprenez-vous cette sorte  de traduction de la traduction ?

Il est très bien de se soulever cette problématique. Kwasi Wirédou, philosophe ghanéen,  estime qu’il serait temps pour les Africains de philosopher dans leurs propres langues. C’est une tâche dans laquelle je me suis aussi engagé. En 2013, par exemple, sous la coordination d’un de mes anciens étudiants, un livre intitulé « Listening to
Ourselves: A Multilingual Anthology of African Philosophy » est paru. Dans cet ouvrage,  des philosophes africains installés aux Etats-Unis ont produit des textes philosophiques dans leurs langues avec une traduction en anglais en vis-à-vis. Le principe était que nous ne traduisions pas nos propres textes. Nous avons donc laissé le soin à des personnes qui connaissaient nos langues et qui pouvaient les rendre en Anglais. Et  je me suis aperçu, lorsque j’ai lu les traductions, qu’ils ont pensé dans une autre langue autre que l’anglais. C’est un aspect d’écrire dans nos langues, qui doivent devenir des langues des sciences, de la littérature et de la philosophie. Par ailleurs également, il faudrait parvenir à traduire les grandes œuvres dans nos langues. D’ailleurs, en réfléchissant bien à l’histoire de la philosophie, on se rend compte que des langues sont devenues des langues de la philosophie après avoir reçu des traductions. Cela a été le cas du latin en recevant la philosophie grecque, puis en la traduisant. Cela a été aussi le cas pour l’Arabe après avoir reçu la philosophie grecque. Cela a été aussi le cas en Afrique car  il faut bien rappeler qu’on ne commence pas tout à zéro. Dans des grands centres comme Tombouctou, l’enseignement de la philosophie se faisait, en particulier celle d’Aristote. Cheikh Anta Diop a rappelé qu’à Tombouctou se tenaient des cours et des traductions sur les analytiques d’Aristote. Donc, on peut parfaitement imaginer que les personnes qui dispensaient ces cours donnaient des explications dans leurs langues indigènes sur ces textes.

Mais l’Afrique, c’est aussi une culture de l’oralité. Alors comment incluez-vous cet aspect dans votre approche ?

Notre pratique actuelle est celle de l’écriture.  C’est vrai que l’oralité a sa logique propre. Il y a une raison orale. Un terme que j’emprunte à mon compatriote  Mamoussé Diagne qui a écrit un très bon livre intitulé ‘’Critique de la raison orale’’. Mais il faut aussi arrêter de penser que l’Afrique, c’est toujours l’oralité. Nous ne sommes pas mariés avec l’oralité. Il n’y a aucune raison pour laquelle les cultures africaines seraient par essence éternellement orales. Aujourd’hui, l’entreprise philosophique est une entreprise écrite. Nous avons traduit l’essentiel de nos traditions orales dans la vie nouvelle qu’offre l’écriture. Cependant il n’est pas vrai que l’oralité  par nature soit le contraire de l’esprit critique.

Intéressons-nous maintenant à la question de l’immigration clandestine. Depuis quelques temps, il y a une recrudescence d’embarcations chargées de migrants africains qui échouent sur les côtes européennes. Que vous inspire cela ? 

Cela fait très mal. On s’intéresse très souvent aux chiffres dans cette situation, c’est-à-dire au nombre de personnes qui périssent. Mais derrière ces chiffres il y a des vies individuelles. Ce sont des personnes qui au moment de partir ont demandé la bénédiction de leurs mères. Et quand je l’aborde ainsi, je me dis que ce sont des familles qui ont perdu des personnes en qui elles avaient placé leurs espoirs. Après avoir dit cela, il revient de regarder la situation dans toute sa complexité pour trouver des solutions. Il faudrait que nos jeunes se sentent dans un continent en chantier. Un continent dans lequel il y a tout à faire. Si la jeunesse de l’Afrique  en vient à penser que son avenir est ailleurs, le problème devient insoluble. Aujourd’hui, on est en train de dire que l’Afrique décolle avec de forts taux de croissance.  Mais ces taux de croissance malheureusement ne viennent pas chercher les pauvres. Donc, il y a de la pauvreté et du désespoir.

Beaucoup de ceux qui prennent la mer au péril de leurs vies fuient les conflits et instabilités politiques dans leurs pays. Comment expliquez-vous, malgré la stabilité politique du Sénégal, que les jeunes continuent de prendre ce risque ? 

C’est l’idée selon laquelle l’avenir serait ailleurs. Il faut donc,  pour y remédier, que la question de l’emploi sur laquelle repose l’espoir de la jeunesse soit réglée. Il faut que le monde comprenne qu’il y a un investissement à faire sur un continent qui ne demande plus seulement la charité mais qui veut un véritable partenariat. Et cela a commencé. C’est dommage qu’au moment où les choses tournent dans une meilleure direction que les jeunes connaissent ces tragédies. Il y a donc des actions à mener. Il faut aussi régler la question des trafiquants. Ils doivent être mis  hors d’état de nuire. Ce sont  de véritables négriers modernes.

Le président du Sénégal Macky Sall a pris la décision d’envoyer des soldats en Arabie Saoudite. Quel est votre avis sur la question ?

Je n’ai pas suivi de manière significative le débat sur la question. Mais d’après ce que j’ai compris, c’est l’Arabie Saoudite qui a sollicité le Sénégal pour assurer ses arrières. C’est-à-dire, pendant que l’armée saoudienne est au combat avec les rebelles yéménites, les soldats sénégalais font la police autour des lieux saints. Je ne suis pas sûr de bien comprendre tous les tenants et les aboutissants. Mais il y a un point qui est réel, c’est la réputation de l’armée sénégalaise en la matière. Donc, que l’armée sénégalaise soit sollicitée dans une coalition internationale de ce type est tout à fait normal. Etant donné le rôle qui est le nôtre dans l’Organisation de la Conférence Islamique, j’imagine qu’il était très difficile pour un pays comme le Sénégal de se tenir totalement à l’écart.

On rappelle que vous aviez été choisi pour diriger le comité de concertation sur l’enseignement supérieur au Sénégal qui a débouché sur certaines recommandations.  Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cela ?

Pour ce qui est de la commission que j’avais dirigée, je suis content qu’aujourd’hui il y ait un consensus total sur la nécessité de réformer et aussi sur le fait que les propositions qui sont sortis de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur aient été appropriées par tout le monde. C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de discussions et de bruits autour de cela au début mais la conviction de tout le monde au fond est qu’il s’agit de bonnes recommandations pour mettre notre système d’enseignement dans une dynamique nouvelle. Je fonde beaucoup d’espoir sur les universités qui vont être créées, notamment la deuxième université de Dakar et l’université agricole qui s’installera à Kaolack. Je fonde aussi beaucoup d’espoir sur le développement des enseignements professionnels et sur l’université virtuelle. Les enseignements à distance sont l’avenir de l’enseignement. Je crois que l’université sénégalaise mais aussi celles africaines en général ont besoin de s’approprier ces technologies d’enseignement à distance de la même manière que les africains se sont appropriés la téléphonie pour résoudre leurs problèmes. Ils ont été très inventif sur les technologies de téléphonie donc il n’y a aucune raison que nous ne le soyons pas dans le domaine de l’enseignement à distance.  Maintenant je suis plus inquiet pour les autres systèmes d’enseignement. Le Sénégal vient de sortir d’une très longue grève des enseignants du secondaire. Heureusement que la grève s’est terminée in extremis.

Comment imaginez-vous l’enseignement supérieur sénégalais dans 20 ans ?

D’abord commençons par dire ce que nous risquons. Si le système d’enseignement supérieur continue d’aller à vau-l’eau avec les grèves à répétition, on va certainement voir des élites qui vont se retrouver ailleurs que dans le système d’enseignement public. Et le système d’enseignement public va être abandonné aux enfants des classes défavorisées. Ce qui aura pour conséquence d’augmenter les inégalités. Et pour rattacher cela à la question antérieure sur la migration, il faut bien se rendre compte que le décollage de l’Afrique risque de se faire au prix d’inégalités énormes. Mais c’est par un bon système d’éducation public qu’on fera en sorte que le fils d’ouvrier ne finisse pas fatalement ouvrier ou chômeur. C’est la raison pour laquelle il faut redresser le système d’enseignement supérieur. Je crois que le Sénégal a une tradition intellectuelle très importante et des ressources humaines de qualité quand il s’agit des enseignants. Donc si tout va bien et tout est mis en œuvre, ces ressources-là feront du Sénégal un pays plus prospère et émergent, il faut l’espérer. J’ai donc de l’espoir pour la génération qui vient et je crois que le pire est derrière nous.

 Entretien réalisé par Amon Rémy MALLET

 »JT RAPPE » : Au Sénégal deux jeunes rappeurs réinventent l’information

Photo: Facedakar.com

Photo: Facedakar.com

Vous êtes-vous déjà imaginé une présentation de nouvelles en chanson ? Eh bien ce pari, deux jeunes rappeurs du Sénégal l’ont relevé avec un franc succès. ‘’Jt Rappé’’ :   c’est l’appellation  donnée par Xuman (41 ans) et Keyti (42 ans) à leur innovation médiatique.

Depuis son lancement il y a 2 ans, les vidéos de ce format inédit ont reçu des millions de vues sur Youtube.  Au départ l’ambition du duo était de transmettre ‘’une vision différente’’ de l’actualité traitée par les médias traditionnels.

Le journal rappé est un format qui  dure de 3 à 7 minutes. Il traite des sujets de  politique, de société, d’économie, mais aussi de l’actualité internationale. Mais derrière le rythme musical teinté de rap, le contenu est empreint d’une dose d’humour accompagnée de  désinvolture. Leur objectif : ‘’S’affranchir des pesanteurs sociales et religieuses petit à petit et dire les choses comme nous le pensons’’, révèlent-ils dans une interview accordée à Global Voice.

Pour chaque épisode, le public a droit  à  une version française assurée par Xuman et une autre en Wollof (langue locale) interprétée par son acolyte Keyti.

Un format qui s’exporte

À côté des formats tels que Big Brother ou encore les télénovelas, le ‘’Jt rappé’’ apporte ici une contribution intéressante à l’environnement médiatique international. Et c’est bien là une réponse au statu quo qui fait de la ‘’périphérie’’ une éternelle consommatrice. Avec près 16.000 abonnés à leur fil Youtube et une large transmission du ‘’Jt rappé’’ par la chaîne de télévision 2stv chaque vendredi, ses concepteurs sont des acteurs culturels et médiatiques dans le flux d’information global.

Et c’est fort de ce succès que le projet s’est déplacé en Côte d’Ivoire sous l’appellation de ‘’Journal Gbayé’’. Là-bas, le format reste le même. On remarque seulement l’utilisation de l’argot ivoirien urbain ‘’nouchi’’ dans les textes. La première version du ‘’Journal Gbayé’’ enclenchée en février 2015 à Abidjan a été une réussite. Le prochain pays sur la liste est le Niger, où les deux  »journ-rappeurs » envisagent aussi la mise sur pied de ce programme d’’infotainment’’.

L’Allemagne aussi aurait intérêt à s’intéresser à un tel format. Et pour cause.  Un récent sondage de l’institut TNS–Emmid a révélé que  beaucoup de téléspectateurs ne sont pas satisfaits de la mythique émission d’information ‘’Tagesschau’’. Une partie du public sondé estime que les thèmes abordés sont compliqués. Alors pourquoi pas un ‘’Tagesschau rappé’’ ?

Quant au  »Jt rappé »,  après le lancement des deux première saisons qui comptent environs 50 épisodes, les fans attendent certainement le début de la saison 3 prévu pour bientôt.

D’ici là, c’est peut-être le temps de s’installer confortablement car Xuman et Keyti ont des nouvelles pour vous avec pour invité le raggaeman Allemand Gentleman :

Amon Rémy MALLET
Journaliste-Bloggueur

Attentat à Charlie Hebdo: Entre Islam, éthique, liberté d’expression et minorités de France

charlie-hebdo-logo

Dans cet article, il ne s’agit pas d’une position binaire d’appartenance ou pas au journal satirique, qui prend son essence dans le slogan ‘’Je suis Charlie’’. Le danger de cette binarité nous réduirait à voir un axe du bien face à un axe du mal. Une idéologie qui a prévalu après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et qui régit depuis les relations internationales. Il s’agit plutôt, et avec beaucoup de recul, au-delà de l’émotion légitime qui a suivi les tueries de Charlie Hebdo, de questionner les notions complexes d’éthique, de liberté d’expression, d’Islam dans le contexte multiculturel français.

Le radicalisme religieux des frères Kouachi qui s’est traduit par le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo ainsi que d’un agent de police à Paris, le 7 janvier, est regrettable. Comme tout radicalisme à finalité meurtrière, il requiert de la part de tous une ferme condamnation de principe. User d’une arme pour répondre à un crayon est un acte désuet. Avec l’indifférence dont ils ont fait montre à travers leurs agissements, il est difficile de croire que leur Prophète se sentirait ‘’vengé’, comme ils l’ont prétendu.

Mais cet argument de la force cacherait peut-être la limite des deux tueurs Français d’intervenir sur le champ des Idées, pour faire part de leurs ressentis.

Pourtant, les idées pour discuter de l’humour de Charlie Hebdo ne manquent pas. Les journalistes, comme tous les autres corps de métier, ont des rôles à jouer dans la société. Comprenons le rôle comme l’ensemble des comportements attendus d’un individu dans l’exercice d’un statut social. Maintenant on peut se poser la question suivante : En publiant les caricatures du prophète Mahomet, il y a quelques années, les journalistes de Charlie Hebdo se sont-ils comportés en adéquation des attentes des Français ?

La liberté d’expression : entre éthique, sensibilité et application d’un principe

Reformulée, la question pourrait s’intéresser à la nature de l’éthique qui a poussé le journal satirique à la publication de ces caricatures.

Cette éthique s’apparente à l’utilitarisme dans sa dimension seconde, c’est-à-dire, celle qui vise la plus grande satisfaction pour le plus grand nombre. Or en France l’islam ne constitue qu’une minorité. Cet état de fait a peut-être été une raison des publications des caricatures. Ce n’est, pour l’heure, qu’une hypothèse. Ce postulat est bien évidemment relativisé par les tenants du journal qui se réclament irrévérencieux envers toutes les cléricatures.

Mais pour revenir à l’éthique, elle n’a de sens que dans le relationnel. Elle tire toute sa substance dans le rapport du JE au NOUS. Le NOUS étant le fondement même de l’éthique dans ce jeu de l’altérité. L’autre est peut être différent mais semblable car on partage des sensibilités psychologiques communes telles que le bonheur, la joie, mais aussi la souffrance et la frustration.

Dans l’exemple des caricatures, on fait face à une confrontation entre l’exigence d’une sorte absolutisme de la liberté d’expression dans la société Française et la sensibilité religieuse d’un groupe.

Mais comment comprendre un type de sensibilité qui résiste à un des principes les plus fondamentaux en France, à savoir la liberté d’expression ?

La sensibilité dont il est question ici est religieuse. C’est la place importante qu’occupe le sacré pour une communauté qui fait partir des dernières à s’être branchée au tissu national Français. Cette place du sacré : c’est Dieu. Or ‘’Dieu est mort’’ en France depuis le 18e siècle, pour citer Nietzsche, dont l’anachronisme ici a tout son sens.

Cela ne veut pas dire, qu’il n’existe plus de croyants en France, mais plutôt qu’après la révolution de 1789, Dieu a cessé d’être le principe fondamental structurant l’existence des individus. L’acceptation d’une autorité transcendante régissant la société était donc devenue caduque.

‘’Justement, la caricature, en son principe même, est impertinence et irrévérence, à l’endroit de l’autorité qui voudrait se proposer, sans question, comme objet de révérence’’, souligne le professeur Souleymane Bachir Diagne dans une interview accordée au Point reprise par Dakaractu.

Mais l’absolutisme dans la liberté d’expression est même nuancé et élastique dans le contexte français. Il semble que la République ne défend pas foncièrement un absolutisme aveugle de dire, de penser et d’écrire. L’interdiction des spectacles, l’an dernier,  de l’humoriste Dieudonné qualifié d’antisémite, montre bien la volonté de la France de préserver un climat social apaisé entre les communautés.

En 2008, le licenciement du caricaturiste Maurice Sinet ( Affaire Siné) par Charlie Hebdo pour des propos jugés tendancieux sur la possible conversion de Jean Sarkozy au judaïsme,  est une autre preuve des limites.

Ces limites peuvent être considérées par certains comme des violations de la liberté d’expression, certes, mais l’éthique du principe devrait être responsable et solidaire.

Cela dit comment repenser les principes fondamentaux de la France face son multiculturalisme ? Quelle place doit occuper l’Islam et les minorités de France ? Quelle réponse apporter pour prévenir le radicalisme de tous bords ? Peut-on rire de tout ? Comment repenser la notion d’identité nationale en tenant compte des différences ?

Si l’émotion qui a accompagné les derniers événements est justifiée, il est en revanche, important d’apporter une réponse pérenne à ces questions.

En espérant que les coups de feu ne soit plus jamais un moyen pour répondre à un écoulement d’encre, les responsables politiques français on la lourde tâche d’éviter de s’en tenir aux extrêmes pour tenter d’expliquer la norme. Au Sénégal, par exemple,  la coexistence pacifique entre les communautés religieuses montre que la norme n’est pas celle de l’extrémisme.

Amon Rémy Mallet

Journaliste- Blogueur

COUPLES AFRO-OCCIDENTAUX: L’impossible amour ?

Doutes, Soupçons, Phobies, on voit le diable partout quand il s’agit d’unions entre africains et occidentaux. Et les médias ne font qu’accentuer les stéréotypes existants.

couple

Dans une émission diffusée sur une chaîne privée sénégalaise , une italienne a interviewé une de ses compatriotes qui a déversé sa bile sur son prince charmant sénégalais. Photographe de profession, la dame explique que son mari  sénégalais se serait volatilisé dans la nature quelques temps après son arrivée en Italie  »l’eldorado ».

‘’Arnaque sentimentale’’ : c’est le titre de l’élément vidéo en question dans lequel est relatée cette histoire. Rien que le titre  renseigne du parti pris de la sociologue italienne qui a réalisé l’élément. En effet, parler d’arnaque c’est déjà faire un jugement de valeur sur une histoire (à l’image de la majorité des difficultés au sein des couples), dont on ne maîtrise en réalité pas les tenants et les aboutissants.

Mais, là où il y a problème, c’est l’unilatéralisme que revêtent ces productions qui parlent des maux à l’intérieur des couples noirs-blancs. Dans la plupart des reportages sur le sujet, la parole est donnée à des femmes où des hommes blancs qui se plaignent des ruptures avec leurs amants africains.

Et très souvent, ils font mention de relations d’intérêt, en termes de papiers et de facilités de visa pour rejoindre la ‘’terre des merveilles’’. Et une fois ce besoin assouvi, le conjoint disparaît.

Loin de moi l’idée de réfuter le consensus de beaucoup d’africains sur l’Europe. Un continent qui dans la conscience collective est considéré comme étant la porte du succès et la réussite. Mais  vouloir simplifier la question des séparations des couples afro-occidentaux à la seule relation d’intérêt du conjoint africain relève d’un simplisme accablant.

La conséquence serait qu’inconsciemment, le conjoint ou la conjointe africaine est  amenée à fournir un certain nombre de garanties pour prouver son réel amour.

Quelle est donc le type de  garantie qu’une  africaine devrait fournir pour montrer la sincérité de son amour envers son conjoint occidental? En d’autres termes, quelle preuve attend-on d’une personne d’origine africaine pour montrer qu’elle n’est pas entrée dans un couple mixte pour un visa ou toute autre avantage ?

Ces stéréotypes négatifs, sur les africains,  effectuent une sorte de chantage psychologique à caractère subversif. Vouloir montrer les preuves de son amour et de son détachement à un supposé privilège discrédite la valeur profonde de ce sentiment. Si l’amour devient rationnel, ne perd-t-il pas toute son essence ?

Cependant, pour éviter l’unilatéralisme du discours dominant, tentons d’aborder la question sous un autre angle.

Certaines femmes blanches fantasment d’avoir des rapports sexuels avec des africains, parce que ces derniers seraient, à les en croire,  plus virils sexuellement que les hommes blancs. Je n’ai lu aucune œuvre scientifique qui confirme ou infirme cette fable. Ce que je sais, par contre, c’est que les clichés et autres stéréotypes sont en général très peu fondés sur la raison.

Mais dans l’exemple qui attribuerait une virilité sexuelle aux africains , quelle preuve une femme occidentale devrait-t-elle apporter pour montrer s’être engagée dans une relation par amour et non pour sa prétendue efficacité au lit ? Voilà une interrogation que les simplistes pourfendeurs des couples afro-occidentaux ne se posent jamais.

On peut m’opposer  l’argument selon lequel la virilité sexuelle des africains n’est pas prouvée. Quelle est alors la preuve que les Africains nourrissent plus d’intérêts que de sentiments  pour leurs conjoints occidentaux ?

Dans les deux cas, on voit bien que nous faisons face à des phototypes qui nuisent les relations. Car  la thèse de la recherche de papiers comme raison  de la liaison d’un africain à une blanche  peut se frotter à l’appréciation selon laquelle cette dernière est à la recherche de la présumée virilité sexuelle. Dans ce cas, tous deux auraient des intérêts réciproques.

Dans quête des raisons et origines de ruptures des couples afro-occidentaux.il est peut-être temps d’ajuster nos lunettes pour ne pas perdre l’essentiel.

En France, par exemple, et il ne s’agit pas de couples mixtes, en 2011, 44,7% des mariages finissaient en divorce. Les Etats-Unis font partie du peloton de tête des pays où le taux de divorce est très élevé. Environs 55% des mariages se terminent par une séparation. Peut-on en déduire qu’ils ne se sont pas aimés au début ?

Alors, pourquoi voudrait-on enfermer les sources des séparations des couples afro-occidentaux à des intérêts assouvis de l’un des conjoints ? Pourtant, il y a autant, voire plus de séparations au sein des autres couples, comme nous le montre les chiffres plus haut.

La simplicité et la légèreté dans les jugements sont au début de nombreux amalgames. Si chaque être est unique, tous les couples ne seraient-ils pas mixtes ?

 

Les faits étant sacrés mais le commentaire libre, voici le lien de l’élément vidéo en question:
http://video.carrapide.com/media/watch/wfFyvXtc7a/parmi-nous-sur-larnaque-sentimentale-avec-chiara-barison-dans-yeewu-leen-du-mardi-07-janvier-2014—tfm

Rémy Mallet , Journaliste Blogueur